vendredi 25 mai 2012

La pinte de lait

Un jour que j'étais allée jouer chez mon amie S. (nous devions avoir tout au plus 8 ans), il s'est produit une chose qui, je m'en rends compte aujourd'hui, se reproduit tout au long de la vie, de différentes façons. C'était l'été, il faisait chaud. Mon amie est donc allée trouver sa mère pour lui demander si nous pouvions avoir de la liqueur. La réponse de sa maman fut catégorique : NON. Alors que S. s'apprêtait à se jeter par terre pour faire ce que les parents appellent communément le bacon, sa mère a ouvert le frigo et sorti une pinte de lait Québon. Une grosse pinte mauve de 2 litres. « Regarde S. ce que maman a acheté pour toi! » s'est exclamée sa mère juste avant que les yeux de mon amie se révulsent comme ceux de la petite fille dans Exorciste. À ma grande surprise, la pinte de lait a suffit à stopper la pseudo crise d'épilepsie de mon amie.
S. : « Aaaaaah, yé!!! »
Moi (intérieurement) : Yé?! Heille chose bine, c'est pas de la liqueur aux fraises ça. C'est juste du lait dans une grosse pinte. On vient de s'en faire passer une!
S. : « J'en veux maman! Un grand verre! »
J'aurais aimé lui dire qu'il n'y avait pas de quoi s'énerver le poil des jambes, pour reprendre l'expression fétiche de mon père, mais à 7 ans, le poil de jambe se faisait rare, tout comme les permissions de boire de la liqueur.
Mère de S. : « Véronique, en veux-tu toi? »
Je dois souligner qu'enfant, je n'aimais pas le lait « seul », c'est-à-dire non accompagné d'un quelconque aliment. À l'école, je faisais semblant de boire mon berlingot que je rejetais (plein) dans le bac des berlingots vides.
Moi (intérieurement) : Beurk.
Moi : « ...  »
Mère de S. « T'en veux pas? »
Moi (intérieurement) : JE VEUX DE LA LIQUEUR AUX FRAISES J'AI DIT!!!!
Moi : « Non merci. »
J'ai donc préféré me déshydrater lentement à 28 degrés celcius plutôt que de boire son lait pas spécial pantoute. Parce que ce n'était pas ce que je voulais. Et parce que je n'étais pas dupe.

Je ne sais pas pour vous, mais cette anecdote me fait un peu penser à la situation actuelle. Sauf que dans l'histoire qui nous concerne, la maman, c'est le gouvernement libéral.

Et le lait qu'il nous offre, il est caillé.

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